« A l'intérieur... | Page d'accueil | Le grand jour... »

07.10.2008

Short Stories

medium_short.png Les stories de Benoît Jeantet sont en culottes courtes. Mais en vérité, elles sont habillées avec le costard doré de la classe. Il fait tinter les syllabes sans jamais faire de tintamarre, il entrechoque les sons et ses idées, et te dessine un paysage… Il habille son rugby comme on déshabille une fille. Son ovale est anodin, il est ce peu des gens de beaucoup, et ce sublime des moins que rien. Ses écrits ont l’odeur urinaire des couloirs de métro, il y a du sang qui cogne à ses lignes. Ses nouvelles sont belles et dérisoires comme un premier amour tatouer sur un bras. Il aime à raconter un sport qui accroche son olympisme dans les anneaux laissés par trop de demis sur le zinc d’un comptoir. Il affectionne les types tiraillés et les secondes lignes de deuxième zone. Il déborde tout au long de la ligne blanche de son récit et te colle un rafut  à l’instant de plonger dans l’herbe grasse de sa fin. Il va chercher dans les tréfonds des  âmes en mêlées…Et je dois bien l’avouer, me fait plonger dans la mienne…

Ce sacré Jeantet a des appuis de feu une plume à la main !               

Trackbacks

Commentaires

grand merci à toi, pierrot, pour cet éclairage...

Ecrit par : benoit jeantet | 08.10.2008

C'est bien pour cela que le blog est grand, espace de liberté, de tons inventés, hors des sentiers balisés, des rectitudes compassées, des obligations de contrôle - j'en sais quelque chose. Benoit est un fils du blog. Par cette toile, il a tissé son style, a inventé sa prose. Il ne copie personne, trace sa voie, hisse sa voix. "Short Stories" est le grand frère de "Caribou", un introuvable roman qu'il avait soigné en des temps plus reculés. Personnellement, je suis fan de "Short Stories" comme j'envie Jeantet, sa musique, ses jonglages, les échos qu'il laisse trainer mine de rien, comme s'il voulait nous faire croire qu'il n'a pas fait exprès.
C'est à acheter, à lire et relire, à garder au chevet, c'est à conseiller, à promouvoir. A relancer...
Christian, belle chronique. A la hauteur du livre. Quand le rugby est servi par de telles sensibilités, il en sort grandi. Sait-il au moins ce qu'il doit aux plus fins de ses plumitifs ?

Ecrit par : comm fou | 08.10.2008

Bien vrai Richard! il a su tailler juste ce qu'il faut dans le ramage luxuriant de sa verve...Le résultat est un bijoux!

Ecrit par : pierrot la tombal | 09.10.2008

Oh je connais un peu l'auteur de ces short stories ( un chauve aux demi montantes Duarig et crampons de 18 parce que ses appuis, ah parlons-en et puis aussi de son "coup de pied qui tourne"...et figurez-vous, je crois bien que s'il ne vous répond pas plus longuement, c'est qu'il doit être reclus dans quelque recoin de son bureau, ovale pour sur mais que...un peu rouge de honte...tellement je le savais, on private jog ensemble de loin en loin ( surtout lui qui peine à me suivre), un peu-beaucoup nerveux par avance, guettant les réactions, d'abord et surtout, mais bien sur pas seulement, de ceux qui se sont rallongés et se rallongent encore l'ourlet de leur enfance en shorts...bon maintenant quand c'est-y qu'on ruck' rulle!!!

Ecrit par : Le croque mi-temps | 09.10.2008

Je le vois bien, Jeantet, jouer au rugby, pour sûr. Mais c'est peut être pour cela qu'il écrit si bien. Y'a que Jaureguy, Dauger et Simon (si j'en oublie, aidez-moi) pour être en plume et avoir été sur un terrain. Tiens d'ailleurs, pour ceux qu'aiment ça, je conseille "La mêlée" aux éditions Prolongations. D'une densité... Je comprends pourquoi j'ai joué derrière en lisant ça. J'avais un coup de pompe de mammouth travaillé en précision dans le terrain derrière chez moi jusqu'à la nuit tombée, tout seul. Et c'est tout. Pour le reste, dix plaquages en quinze ans de carrière commencée en deuxième division nationale et terminée en troisième série parisienne ouest; une course estimée à l'accélération subite d'un escargot et la passe de droite à gauche seulement, l'autre côté étant extrémement aléatoire. En revanche, question troisième mi-temps, grosse présence. Et j'ai pourtant écrit sur le French Flair (le rugby au centre)en devenant même l'exegete. Du coup, je vois bien Jeantet nous écrire le rugueux du rugby et n'avoir approché sur le terrain, que de très loin, les impacts du pack...
Et c'est pour cela qu'il le sert si bien... Parce qu'il prolonge quelque chose de rêvé, d'absolu.

Ecrit par : Comme fou | 09.10.2008

Les Duarig à bouts carrés! Un peu comme si cendrillon retrouvait sa pantoufle de verre...Comme une odeur d'enfance, d'huile camphrée rance...Puis un peu plus tard, le goût de l'anis, les dimanches orphelins de leurs nuits, les zincs en scène, les guerriers en bout de course et mon cul en vedette à l'américaine...J'ai joué comme toi en seconde div', mais moi j'aimais(je l'aime encore)le placage, les passes des deux côtés, et mes jambes avaient quelquefois le feu!(enfin pas toujours)
Le Jeantet je l'imagine bien en seconde barre famélique et revêche, aimant à distribuer le chausson plus que les bénédictions...à voir!

Pour Ruck'n'Roll, l'imprimeur a ses vapeurs, et nous le livrera que lundi...les envois suivront derrière.

Ecrit par : pierrot la tombal | 09.10.2008

Ecrire un commentaire