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30.05.2008
Temps de bataille...
C’était un de ces matins sans souffle. Une de ces journées où les choses semblent posées, lumineuses, comme apprêtées pour rendre amoureuse la palette d’un peintre. Un de ces moments d’avant bataille, où l’ivresse de la gloire cherche quelques princes à griser.
Depuis le matin les armes avaient été fourbies, les trompettes sonnées, les oriflammes dressées…Maintenant les deux troupes se faisaient face. L’instant comme suspendu attendait que la première salve résonne…
Soudain, le soleil mordant enflamma le sang et le ciel d’un étendard. Et, miraculeusement, merveilleusement, incroyablement…Ils se mit à neiger !
26.05.2008
Tournés vers le ciel!
25.05.2008
le funambule des briques
Un seul funambule,
N’aura pas suffi,
Pour défier une Red Army.
Pas de liesse au Capitole,
Pas de sourires sur les briques,
Il faudra un bel écu,
Pour rendre le rose aux vaincus…
24.05.2008
La fleur du mois de mai.
C’est une fleur du mois de mai, quand le jardin est bien vert, les lignes bien blanches et le soleil mordant…Pourtant, elle ne pousse que dans l’ombre des serres affectives, dans la moiteur de la sueur de l’attente. C’est la musique d’aluminium sur son terreau carrelé qui fait éclore son bouton…Alors la corolle des pétales serrés prend toute sa splendeur. Tandis qu’en son milieu, l’unique pistil galonné attire les esprits favorables pour que cette floraison mystérieuse se reproduise jusqu’à toucher l’épanouissement final…
Photo: Thomas Bianchin
21.05.2008
Le vieil amant.
J’ai des éclats de tribunes plantés dans ma mémoire,
Des vapeurs de vestiaires embrument mes yeux vieillissants,
Les ahanements de mêlées sont mes acouphènes,
Mes cuisses hurlent sous les courbatures de mille matches égarés,
Mes épaules fatiguées ne portent plus que l’ombre d’un placage,
Et même l’odeur du camphre ne fait plus son office.
Comme un vieil amant…
Seul mon cœur est encore à l’école de rugby !
Photo Thomas Bianchin (pour le livre "A coeur ovale")
19.05.2008
Avenir de basse-cour.
18.05.2008
Taupe 14
17.05.2008
La boule...
Elle ressurgit avec le printemps,
Elle pousse au creux de l’estomac,
Elle te flageole les guiboles,
Elle te liquéfie le mental,
Elle te mange la quiétude,
Elle te dézingue le cœur,
Elle te flingue l’appétit,
Elle te rend tout petit,
Mais elle te lâche quand même…le dimanche…à 15 heures.
Et d’un seul coup, tu es plus grand !
La boule des matches de phases finales…Qu’est ce que j’ai pu aimer ça !
14.05.2008
Pensées d'escarpolette.
Il était là, assis, mettant au supplice l’escarpolette de son enfance…Il était là, posé comme un môme au bord de ses souvenirs. Deux heures à tuer, deux heures avant l’affrontement…
Les piliers oscillent comme les balançoires, hésitant presque tout le temps entre cour de récréation et champ de bataille, puisant dans le souvenir des sorties d’écoles chahutées, les forces fondatrices pour affronter les mêlées houleuses…
Photo: Thomas Bianchin
12.05.2008
Digestion...
Après ça, revenir en arrière est bien difficile. S’échapper du soleil, s’extirper des cris, abandonner les lignes, laisser tomber le dernier ballon, c’est mourir un peu…Personne ne veut se faire avaler par ce long œsophage blafard, toute la troupe s’y refuse. Pourquoi finir ? Pourquoi baisser la garde ? Pourquoi arracher sa belle armure ?
Les corps sont meurtris, le moral saigne, et pourtant j’entends encore battre le magnifique cœur, que ces fabuleux guerriers ont jeté aux quatre coins du terrain.
Il est toujours difficile de laisser échapper la victoire. C’est toujours dur à avaler. Mais quand les regards peuvent se croiser sans qu’aucun d’eux ne s’abaisse. Tu sais que perdre, c’est aussi, une autre aventure à venir…
Quart de finale Reichel A : Grenoble 3 - Montpellier 5
Photo Thomas Bianchin



