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24.01.2008

Etre né quelque part...

medium_mappemonde.jpgIl y a ceux qui sont attachés à leur terre, ceux qui ne jurent que par le rayon de soleil qui vient chaque jour darder de son feu le même coin de jardin ancestral…

Il y a ceux qui assurent que la seule garantie d’authenticité que l’on puisse reconnaître, c’est celle du sang. Assurant sans contestation possible, qu’il faut moult générations accumulées pour être digne de représenter  son pays, sa région, son village, voire sa rue ou sa famille…

Et puis tu as les gens d’ici ou d’ailleurs, ceux qui ne s’attachent à rien, préférant les joies des routes qui défilent, des paysages qui changent, et des rencontres toujours renouvelées…

 Tu as aussi une autre catégorie ! Celle de ceux qui  au premier regard, a la première  poignée de main, au premier sentiment échangé dans un vestiaire ou à la première entrée en mêlée, voire au premier coup de casque, font  partie de la horde, membres à part entière de la généalogie, fils naturels d’un géniteur local…

Tu en es sûr ! Tu en es certain, Ils sont tes  frères !

S’il y en a bien un qui est issu de cette caste dans la troupe grenobloise, c’est notre sud’af, notre pilonze de « droite ». Ce garçon aux qualités physiques éminemment  bouchères, cet athlète recordman de la descente de bière est devenu en l’espace de quelques mois, et ce malgré sa mauvaise blessure, l’icône de Lesdiguières, la poutre maîtresse d’un édifice en reconstruction. Si l’on ne m’avait pas montré son certificat de naissance, je le croirais volontiers natif de La Tronche, de Saint Martin d’hères ou tout au plus de La Mure, voire des terres froides…

Mais non ! Ce frangin, notre frangin a vu le jour en terre d’Afrique, Tout en bas de ce continent vaste et sauvage. A croire qu’un maquignon voyageur parti de son Vercors ou de sa Chartreuse natale est allé trimballer ses guêtres et sa blouse noire au fin fond du Queensland et du Transvaal…

J ‘imagine notre lascar un soir de goguette après une négociation difficile pour trois vaches et un taureau,  tombé en amour pour une jeunesse afrikaner belle comme un cœur. Et puis son affaire faite, il est reparti gentiment vers sa douce province du Dauphiné. Laissant sans le savoir dans le ventre fécond de sa dulcinée, un petit baigneur qui trente ans et des poussières plus tard allait nous revenir en « joli bébé »…

Je vous le dis, je vous l’affirme, Le Jhoann quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense, il est bien de chez nous !

Et je me fous des tests de paternité et autres analyses génétiques, ce type a une mentalité, un esprit…Il est de toute évidence d’ailleurs…Mais depuis que je le vois en rouge et bleu, je me plais à croire que du sang grenoblois coule dans ses veines…            

        

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