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16.01.2008
La chandelle (suite)
En l’air, la manifestation des cumulus dégénérait, quelques policiers zélés avaient dû charger…La panique gagna toutes les strates des nues et comme si le diable en personne avait décidé de l’humilier, une pluie infernale se mit à verser sur notre dernier rempart. L’épingle de la balle n’y résista pas, son destin de satellite s’achevait…
Presque aveugle, de l’eau plein les yeux, sa première finale perdue lui traversa l’esprit : Un temps de chiot tout pareil qu’aujourd’hui, une chandelle sœur jumelle de celle éclairant son ciel maudit. Un instrument devenu anguille, un truc de jongleur, une chose impossible…En ce jour funeste de finale cadets, la gonfle s’était échappée de ses mains. La garce préféra l’étreinte d’un vil troisième ligne…Les deux amants s’enfuirent serrés l’un contre l’autre pour goûter étourdis aux délices d’une couche d’en-but. Ce jour là, il ne fut pas champion…Ses jongleries scarifièrent à jamais le beau mental d’entraîneur de son père. Celui-ci mortifié réalisa subitement que son rejeton ne capturerait jamais un coq sur son cœur…
Il n’avait jamais aimé la pluie, ni l’eau d’ailleurs…Ce qu’il prisait avant tout, lui le solitaire de l’ombre des pagelles, c’était l’aventure collective, la communion d’avant batailles, l’eucharistie d’après triomphes, les rédemptions assoiffées des sombres déroutes…C’était toutes les choses vivantes que l’on respire au plus profond de l’âme rugby…Les chansons hurlées sous la lune à l’heure où les loups se reconnaissent. Les pantomimes sur la scène d’un zinc sous les hourras d’un public conquis. Le bonheur de la passe délivrée qui ouvre dans un intervalle d’espace et de temps toute la liberté de course et d’envie à ton frère de stade. C’était "l'ennemi" abattu d’un trait d’épaule, une mêlée qui rigole, un drop enjôleur, une tribune en sueur…
Le son lui revint d’un seul coup ! Il perçut en premier le souffle tourmenté des adversaires en chasse. Puis juste derrière, l’explosion du vacarme du stade. Son regard aux abois cherchait le ballon et sa chute, sans parler de cette traîtresse ligne des 22 mètres, qui elle aussi avait disparu…
A suivre...



